
Les conseillers électoraux ont avalé la couleuvre
Comme la chronique d’une mort annoncée, le directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP) fraichement nommé, Uder Antoine, a été installé dans ses fonctions, le vendredi 5 juin 2026 par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), Patrick Pélissier, lors d’une cérémonie au siège de l’institution électorale, en présence notamment de son président, Jacques Desrosiers.
Ce dernier avait tempêté contre le caractère illégal et inconstitutionnel du rejet du décret électoral transféré au gouvernement qui a adopté son propre document cadrant l’organisation des prochaines élections.
Lors de la cérémonie, le titulaire du MJSP dit miser sur l’expérience de M Antoine en vue d’accomplir sa mission consistant à faciliter la tenue d’élections crédibles pour assurer l’avenir de la démocratie et du pays.
Le garde des sceaux de la République est revenu sur le décret électoral qui exige des structures politiques une liste de 30 mille membres en vue d’être habilités à s’inscrire aux prochaines compétitions électorales indiquant que cette initiative permettra aux partis politiques de se regrouper et limiter les dépenses pour la préparation des bulletins.
Il a aussi fait mention de la mobilisation des jeunes appelés à occuper des postes dans les bureaux de vote dans le cadre d’un processus d’initiation à la citoyenneté, selon M Pélissier.
Pour le titulaire du MJSP, le nouveau décret a aussi mis des balises pour écarter du processus les personnalités sous sanctions internationales et celles qui n’ont pas honoré leurs créances envers l’Etat. Des mesures ont été aussi adoptées pour empêcher l’utilisation de l’argent sale dans le cadre des prochains scrutins et les Conseillers électoraux et les candidats sont appelés à faire leurs déclarations de patrimoine, selon Patrick Pélissier.
Concernant les contentieux électoraux, le Conseil des ministres a prévu qu’ils seront traités au niveau des communes respectivement concernées et non dans la capitale, a annoncé le ministre de la justice déclarant que le CEP ne peut pas être juge et partie estimant que le mode de traitement initial de ces différends ne répondait pas aux standards internationaux.
Uder Antoine appelle au dépassement des désaccords pour se concentrer sur l’essentiel
De son côté, le nouveau directeur exécutif du CEP, Uder Antoine, se dit conscient de l’ampleur de la tâche qui lui a été confiée en cette période de crise générale. Il s’engage à travailler en étroite synergie avec tous les membres de l’institution électorale pour faciliter l’aboutissement du processus.
Pour lui, le décret électoral se veut clair quant à la répartition des rôles précisant que le conseil d’administration définit les grandes orientations et la politique générale du CEP tandis que la direction générale est chargée de la mise en œuvre des décisions et de la coordination des structures.
Il a promis de s’inscrire strictement dans ce cadre dans le respect des attributions de chacun et dans une logique de complémentarité.
« Il ne s’agit pas de savoir qui a raison ou tort dans les querelles qui ont précédé ma prise de fonction, il s’agit de savoir si nous sommes collectivement capables de dépasser ces désaccords pour nous concentrer sur l’essentiel.. », a exhorté Le nouveau DG du CEP.
Il se dit prêt au dialogue et a promis d’assurer une gestion saine et rigoureuse de l’ensemble du processus électoral invitant ses collègues à faire preuve d’anticipation pour mieux faire face aux défis et éviter tout blocage du processus.
Tout en remerciant le Premier ministre et le gouvernement du fait de lui avoir attribué cette fonction, il a indiqué qu’il fera tout sous l’autorité du conseil d’administration pour faire avancer le processus en vue de réaliser les prochains scrutins dans des délais qu’il n’a pas toutefois précisés.
En outre, il dit compter sur le gouvernement pour fournir au CEP les ressources nécessaires à son fonctionnement soulignant que le déroulement de prochaines joutes électorales dépend de ressources humaines, matérielles et financières adéquates.
Il s’est également adressé à la communauté internationale exhortant les partenaires techniques et financiers à continuer d’accompagner le processus électoral promettant de développer avec eux une coopération axée sur la transparence et la redevabilité.



