
Plaidoyer du gouvernement à l’ONU indiquant que le pays ne demande pas la charité
« Haïti ne demande pas la charité, ni ne veut susciter la compassion, mais elle demande la paix qui est un bien public mondial », a plaidé, le 25 juin 2026, la ministre de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), Sandra Paulémon, dans l’hémicycle de l’ONU lors d’une Session de l’Assemblée générale consacrée au partenariat et à l’inclusion.
Selon elle, chaque fille protégée, chaque femme qui retrouve sa dignité et chaque communauté réconciliée constituent autant de victoires pour la paix se félicitant du récent passage du Secrétaire général, Antonio Guterres, en Haïti en vue de dresser un constat personnel de la gravité de la situation.
La titulaire du MPCE a exprimé l’espoir d’un peuple qui refuse de renoncer à son avenir indiquant que la paix ne se décrète pas mais se construit faisant allusion à l’appel du patron de l’ONU en faveur d’Haïti.
« La consolidation de la paix implique péremptoirement une stratégie et des financements », a rappelé Mme Paulémon s’insurgeant contre les conséquences néfastes de la violence sur les infrastructures scolaires et sanitaires du pays. « Des rêves sont brisés, les agressions sexuelles se sont multipliées, des enfants sont enrôlés par les gangs armés alors que des femmes sont utilisées comme esclaves sexuelles », a renchéri la titulaire du MPCE dépeignant un sombre tableau de la crise sécuritaire et humanitaire.
Elle a aussi fait mention des résultats probants obtenus grâce à la mise en place du programme de réinsertion qui affirmant que des opportunités peuvent créer des bâtisseurs de paix.
Pour la ministre, la sécurité peut faire taire les armes, cependant la consolidation de la paix passe par la justice, la création d’emplois pour les jeunes, la protection des femmes, le retour progressif de l’Etat et le rétablissement de la confiance entre les citoyens et les institutions.
Elle plaide pour une réponse globale, humaine et durable à la crise s’appuyant sur une approche intégrée associée à l’action humanitaire, la consolidation de la paix et le développement qui constituent le socle de la stabilité.
Sandra Paulémon a réitéré la reconnaissance du gouvernement envers la Commission de la consolidation de la paix et le Fonds de la consolidation de la paix ayant alloué une enveloppe de 50 millions de dollars au renforcement de la capacité de l’Etat, la mise en œuvre de la résolution 1325 : femmes, paix et sécurité, et la réhabilitation d’infrastructures communautaires.
Ce partenariat devrait être poursuivi autour de trois axes prioritaires : la protection des femmes et des filles, la création d’alternatives pour les jeunes et l’accélération de la stabilité dans les communautés, a-t-elle souhaité.



